CONFERENCE
DE PRESSE
S.I.A. le 20/02/01
Le Bien-être Animal
Intervention du Docteur Vétérinaire Jean-Yves Méaude, Vice-Président
du SIMV
La finalité de l'Industrie du Médicament Vétérinaire est de découvrir,
de développer et de mettre sur le marché, au service des vétérinaires,
des substances, des médicaments efficaces pour guérir les maladies
animales donc pour soulager le mal être des animaux.
Le champ d'activité de cette industrie est très vaste puisque
contrairement à la médecine humaine qui s'intéresse à une seule
espèce, la médecine vétérinaire doit prendre en compte des espèces
très variées. Il est classique de distinguer deux grandes catégories
:
- les animaux de rente dont l'élevage a pour but de fournir aux
humains qui en ont besoin des protéines animales de qualité, que
ce soit de la viande, du lait ou des oeufs.
- les animaux de compagnie dont la liste d'ailleurs s'allonge un peu
plus chaque jour. En effet, à côté des chiens, chats, animaux de
volière qui restent toujours d'actualité, on rencontre maintenant,
regroupés sous le terme générique de NAC (nouveaux animaux de
compagnie), des espèces plus "exotiques" telles que
lapins nains, furet, tortue, serpent etc...
Donc tenter d'améliorer à l'aide de médicaments le mal être de
tous ces animaux est une tâche ardue dont nous allons tenter de
vous décrire brièvement les principales étapes :
LA RECHERCHE
Il y a tout d'abord la recherche qui a pour but de découvrir de
nouvelles molécules actives dans le traitement des maladies. Il va
sans dire que la thérapeutique vétérinaire a grandement bénéficié
des découvertes en médecine humaine et de nombreux médicaments
utilisés pour l'homme ont été adaptés avec succès pour traiter
les maladies animales.
Cependant, on observe actuellement une recherche spécifique vétérinaire
avec ses propres programmes pour des pathologies qui n'existent pas
dans l'espèce humaine. Ceci est particulièrement vrai pour les
produits biologiques comme les sérums et les vaccins.
On considère que l'industrie du médicament vétérinaire consacre
actuellement 8 à 15 % de son chiffre d'affaires à la recherche.
LE
DEVELOPPEMENT
La molécule ayant été découverte, il faut maintenant la développer,
c'est à dire la mettre sous une forme pharmaceutique, aisément
administrable à l'animal. Et cela n'est pas forcément une tâche
facile. Plusieurs facteurs entrent en compte:
- tout d'abord, d'une façon générale, la "non coopération"
du malade dans son traitement (ex. administrer un sirop à un chien
ou un chat à l'aide d'une petite cuillère !)
- le nombre parfois très important d'animaux à traiter : plusieurs
centaines de porcs ou de bovins devant recevoir quotidiennement
pendant 4 à 5 jours une injection de médicament.
C'est pourquoi l'industrie du médicament a développé des formes
pharmaceutiques, des formes galéniques spécifiques prenant en
compte ces particularités et permettant de traiter les animaux dans
les meilleures conditions de confort et de sécurité (tant pour les
animaux que pour celui qui est en charge du traitement).
Ex:
-Les pâtes orales pour les carnivores ou les chevaux.
- Les médicaments injectables "longue action" permettant
de réaliser en une seule injection un traitement qui aurait nécessité
à l'aide d'un médicament classique le renouvellement de 4 ou 5
injections.
- Les "pour-on" spécifiques à la thérapeutique vétérinaire
et permettant de traiter par voie externe transcutanée des maladies
internes systémiques.
L'ENREGISTREMENT
Afin de pouvoir mettre sur le marché un nouveau médicament vétérinaire,
l'industriel doit au préalable obtenir des autorités une A.M.M.
c'est à dire une Autorisation de Mise sur le Marché. Cette AMM est
délivrée par l'Agence Nationale du Médicament Vétérinaire et le
laboratoire pétitionnaire doit démontrer, en s'appuyant sur des
expertises analytique, pharmacologique et clinique, que le médicament
est de qualité, non toxique dans les conditions normales d'emploi
et efficace dans les indications revendiquées.
C'est donc à une validation très pointue du dossier que se livre
l'Agence du Médicament Vétérinaire. Ce processus d'enregistrement
est similaire à celui exigé pour les médicaments humains.
Cependant, il existe une spécificité pour les médicaments vétérinaires
administrables aux animaux de rente. En effet, pour cette catégorie
de médicaments, l'expertise pharmacotoxicologique doit prendre en
compte la possibilité de résidus et doit déterminer le temps
d'attente, à savoir le temps minimum à respecter entre la dernière
administration du médicament à l'animal et la consommation par les
humains des produits issus de cet animal (viande, lait, oeufs).
Ces différentes étapes (recherche, développement, enregistrement)
exigent un investissement considérable (financier et temps)
puisqu'elles s'étalent sur plusieurs années (parfois 10 ans). Les
coûts sont pratiquement identiques à ceux que l'on observe pour la
mise sur le marché d'un médicament humain. Cependant, la taille du
marché de la santé animale ne représente que 6% du marché
humain. C'est donc dire que le retour sur investissement est un
sujet sensible pour l'industriel du médicament vétérinaire.
LE MARKETING
Voici donc décrites les trois fonctions de base de l'industriel du
médicament vétérinaire. D'autres fonctions entrent également en
jeu et je citerai par exemple le marketing.
Le marketing est avant tout un état d'esprit. C'est un concept qui
doit dépasser le cadre strict du produit pour tenter de prévoir,
d'anticiper et de prendre en compte les demandes du marché en terme
de santé et bien être animal. Les innovations performantes passent
obligatoirement par une connaissance précise de ce qui existe sur
le marché, mais surtout de ce qui manque, de manière à répondre
aux besoins et aux attentes. C'est donc une activité prospective
avec plusieurs années d'avance, car les délais de recherche, développement
et enregistrement sont très longs.
Dans les 10 dernières années, on a observé, non pas une
augmentation, mais une explosion des demandes du marché en terme de
santé animale. Quelques exemples peuvent être mentionnés :
- La prise en charge de la douleur. A l'instar de la médecine
humaine, la médecine vétérinaire s'est pendant très longtemps
relativement peu souciée de certains types de douleur (type douleur
post-opératoire par ex.) qui étaient généralement considérés
comme une fatalité et un mauvais moment à passer. A cette culture,
s'ajoutait le fait que le thérapeute n'avait à sa disposition que
des molécules parfois difficiles à manipuler (type morphinique).
Cette attitude a totalement changé et actuellement les propriétaires
d'animaux exigent de prendre en charge cette douleur. Les vétérinaires
ont actuellement à leur disposition des drogues efficaces aisément
manipulables et bien tolérées par l'animal.
- La prise en charge de pathologies émergentes: Les animaux de
compagnie étant de mieux soignés et de mieux en mieux nourris, on
observe une augmentation très significative de leur espérance de
vie. Par conséquent, on voit apparaître une pathologie liée à l'âge
et les demandes du marché sont nombreuses pour traiter cette
pathologie "gériatrique".
Exemples :
- Pathologie de l'appareil locomoteur : les arthroses, arthrites des
carnivores sont actuellement bien stabilisées et soulagées par de
nouvelles classes de médicaments apparues récemment sur le marché.
Des traitements au long cours sont actuellement possibles.
- Pathologie cardiaque
- Pathologie rénale
- Pathologie du système nerveux central : des troubles psychiques
ou du comportement sont actuellement pris en charge en thérapeutique
vétérinaire. Des praticiens se sont spécialisés dans cette
discipline (vétérinaires comportementalistes) et ont actuellement
à leur disposition des psychotropes permettant de soigner des névroses
ou des psychoses animales.
L'INFORMATION
DES PROFESSIONNELS DE LA SANTE ANIMALE
L'industrie du médicament vétérinaire se doit d'informer les
professionnels de la santé animale sur les nouvelles thérapies
mises à leur disposition.
D'autre part, elle collabore activement avec les organismes
professionnels de formation post universitaire, tels les GTV pour
les animaux de rente ou la CNVSPA pour les animaux de compagnie.
Elle intervient régulièrement en partenariat lors des congrès
organisés par les Sociétés Savantes, telle la SFB (Société Française
de Buiatrie) ou l'AFMVP (Association de Médecine Vétérinaire
Porcine).
L'Industrie du Médicament Vétérinaire peut également être amenée
à réaliser des campagnes d'information du public sur les grands thèmes
de prévention (type vaccins ou antiparasitaire.)
Il faut noter que le produit étant sur le marché, il s'institut
alors un dialogue permanent entre les professionnels qui utilisent
ce médicament et l'industriel qui le fabrique. En effet, utilisé
à l'échelle réelle, le médicament peut se révéler efficace
dans d'autres pathologies et faire ainsi l'objet d'une demande
d'extension d'AMM pour une indication nouvelle. C'est également à
l'échelle du terrain, que peuvent se révéler parfois des effets
secondaires indésirables qui sont alors pris en compte par la
fonction de pharmacovigilance. Cette pharmacovigilance est
strictement réglementée sur le plan français et européen et tout
professionnel de la santé animale est tenu de déclarer à des
centres de pharmacovigilance indépendants les effets indésirables
qu'il observe dans l'emploi d'un médicament.
CONCLUSION
Voici donc brièvement décrites ce que sont les grandes fonctions
de l'industrie du médicament vétérinaire. Sa finalité est évidente:
fournir aux thérapeutes des médicaments de haute qualité
technique, efficaces, d'une sécurité d'emploi la plus grande
possible, tant pour l'animal que pour les humains amenés à
consommer les produits issus de cet animal et également sûrs pour
l'environnement.
Soigner l'animal, améliorer son mal être, apparaissent de plus en
plus comme un devoir citoyen que la société exige.
L'industrie du médicament vétérinaire participe à cette action
en aidant de son mieux le vétérinaire dans sa mission de base à
savoir porter secours et assistance à toute souffrance ou détresse
animale.
- (retour
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