Le 27 mars 2002
Communiqué de presse

Santé en Action : un projet Santé pour les Français

Les acteurs de santé du pôle privé interpellent les politiques

 

Les acteurs de Santé du pôle privé viennent de créer un mouvement,"Santé en Action", qui regroupe les 26 fédérations de professionnels de santé rassemblées au sein du CNPS ( médecins, infirmiers, chirurgiens dentistes, pharmaciens, sages-femmes, kinés, biologistes, orthoptistes, orthophonistes..), les 1000 entreprises de santé de la FEFIS (dispositifs médicaux, médicament, technologies médicales) et les 1400 établissements de l'hospitalisation privée ( FHP) ... soit, en tout, 800 000 personnes.

Après avoir lancé en novembre 2001 un cri d'alarme sur le malaise ensuite constaté  dans la rue, ils s'unissent aujourd'hui autour d'une plate-forme commune qui regroupe 15 propositions pour moderniser notre système de santé, préserver et optimiser ses performances.

Sur ce sujet prioritaire, ils interpellent les candidats aux présidentielles et aux législatives. 

                         Un système de santé mal adapté aux évolutions en cours

L'analyse faite dans ce Projet National pour la Santé  est fondée sur les données officielles récentes émanant notamment du Haut Comité de Santé Publique, de la Société Française de Santé Publique, de l'Observatoire des Sciences et Techniques, du Comité des Sages et  d'autres organismes experts comme la Conférence Nationale de Santé.

Santé en Action  fait les constats suivants :

- La santé est un capital à cultiver pour la nation (13 ans de vie gagnés en 50 ans), non un prélèvement sur la richesse nationale. Or, contrairement à ce qui est affirmé, la Santé n'est pas considérée comme une priorité : la France ne figure qu'au 11ème rang des 29 pays de l'OCDE pour le montant de la dépense de santé par personne (2055 euros en 1999)

- L'état de santé des français est meilleur aujourd'hui qu'hier. Mais, du fait du vieillissement de la population et de l'évolution majeure vers  les maladies chroniques, les besoins médicaux non satisfaits s'accentuent: ex :  1 asthmatique sévère sur 2 n'est pas traité, 60% des malades d'Alzheimer non plus. Les français n'ont en outre que très tardivement accès aux innovations (médicament, équipement) par rapport à leurs homologues européens (un an contre un mois en Allemagne) et les inégalités régionales sont très marquées.

-L'état de santé de notre système de santé : faiblesse et guerre interne des institutions, inadaptation progressive de l'appareil de soins national au développement des maladies chroniques   (pas de continuum entre la prévention, le dépistage, les soins curatifs, la réhabilitation), la France a, contrairement à sa réputation, du mal à mettre le patient au centre de son dispositif. Elle a longtemps eu une politique de promotion de l'accès aux soins plutôt qu'une politique de promotion de la santé. Elle a donc obtenu de meilleurs résultats sur les pathologies où les soins suffisent (cardio-vasculaire) que sur celles où  les variables sont multiples (cancer du poumon, cirrhose…).

En matière de financement, l'Objectif annuel (ONDAM) est toujours dépassé, car fixé de manière irréaliste sans  analyse des besoins médicaux réels et sans véritable débat sur les priorités.

- L'état de santé des acteurs de santé : avec 3 médecins pour 1000 habitants, la France se situe en-dessous de la moyenne européenne et la situation va se dégrader au point de retrouver en 2020 son niveau de 1980. Il en est de même pour les chercheurs de santé: la France ne consacre à la santé que 15% de son budget global de recherche ( soit 0,33% de son PIB) et ne crée pas d'environnement favorable à la recherche privée et publique. Elle prend du retard sur les grands pays occidentaux et les entreprises de santé ne sont pas encouragées : les entreprises du médicament sont taxées à des niveaux confiscatoires (70% de leur croissance ). Priorité est donnée avant tout depuis plus de 15 ans à une approche strictement budgétaire de la protection sociale visant uniquement à assurer l'équilibre annuel des comptes, au détriment du patient et de la performance nationale.

15 propositions pour inscrire  la santé dans une perspective à moyen terme.

Les propositions faites par Santé en Action ne remettent aucunement en cause les principes généreux et l'équilibre public/privé du système actuel de santé, qui font sa spécificité.

Elles visent à lui permettre de s'adapter aux mutations structurelles en cours et prendre les tournants nécessaires pour concilier besoins de santé, recherche et innovation d'une part, ressources de la protection sociale d'autre part. Ces propositions sont les suivantes :   

- Impliquer tous les acteurs de santé dans un système précis et collectif d'évaluation des besoins en santé, en mettant en place un tableau de bord national des besoins médicaux à partir d'un suivi épidémiologique en région au plus près des français.

- Établir un véritable processus de consultation et de responsabilisation des français sur la santé, en permettant  notamment aux représentants de la société civile d'être mieux entendus par les conférences régionales et nationale de santé

-Installer un vrai débat parlementaire, avec audition systématique et organisée des différents représentants des acteurs de santé pour sélectionner les objectifs prioritaires et définir les moyens financiers adéquats dans le cadre de la loi de programmation pluriannuelle de la santé

-Réformer le mode de financement avec le souci du maintien d'une protection sociale équitable, en fixant le niveau des dépenses de santé en fonction  des besoins réels et en créant des référentiels de prise en charge par pathologie

-Simplifier l'administration de la santé, clarifier le rôle de chaque institution  et créer un véritable ministère de la santé et de l'assurance maladie

-Mettre en place les conditions de la confiance, de la lisibilité et de la reconnaissance entre les partenaires du système de santé,  dont les principes doivent être inscrits dans la loi

-Garantir un système de soins fondé sur la responsabilité partagée des acteurs et la qualité des biens et services de santé : évaluation du service médical rendu de tous les outils de santé, modernisation du panier de biens et services, politique de bon usage des soins…

-Renforcer le partenariat entre acteurs de santé pour la sécurité et la vigilance sanitaires

-Accélérer le nécessaire développement des réseaux de soins, avec centralisation des données autour du médecin de famille et développement de la médecine  ambulatoire

-Optimiser l'organisation régionale des soins par l'organisation d'une mission d'évaluation des besoins locaux et l'encouragement de coopérations régionales entre établissements publics et privés

-Favoriser une recherche au service de tous, en développant notamment un cadre législatif et fiscal favorable au développement d'une recherche de santé en France (moyens financiers accrus pour la recherche publique, allègement des charges fiscales et sociales sur la recherche privée, facilitation  du maillage des compétences entre secteurs privé et publics, soutien aux start ups, partenariats état-industrie dans les maladies rares et les formes pédiatriques)

-Favoriser l'égalité de traitement entre professionnels de santé, avec des rémunérations similaires

-Établir une véritable égalité de traitement pour tous les patients, par des mesures incitatives comme une prime à l'installation pour les professionnels de santé dans les zones déficitaires et la mise en place d'indicateurs annuels  de performance régionale.

-Permettre un accès des français aux soins innovants égal à celui des autres européens

-Favoriser l'expression des patients et l'éducation sanitaire,  en soutenant l'action  des associations de patients,  la création de campagnes et centres d'information (sur la prévention, le bon usage du médicament, l'observance des traitements, la compréhension du risque) et en développant une automédication responsable.

Les propositions de Santé en Action sont réalistes et constructives. Elles sont envoyées aujourd'hui aux candidats à l'élection présidentielle et feront l'objet d'une discussion avec leurs représentants
le jeudi 9 avril.

Santé en Action est une force de proposition qui s'inscrit dans la durée.

 

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