Réunion interministérielle sur la grippe aviaire - 14.10.05

Le Premier ministre a réuni, vendredi 14 octobre 2005, les ministres concernés par la menace d’une pandémie de grippe aviaire, ainsi que le délégué interministériel à la grippe aviaire, le Professeur Didier Houssin, pour faire le point sur les risques liés à la survenue récente de foyers de grippe aviaire en Turquie et en Roumanie.

Interrogé sur Europe 1 vendredi 14 octobre, le Premier ministre a expliqué que "pour le moment, nous parlons d’une épizootie, c’est-à-dire d’une transmission des volailles à l’homme mais en Asie uniquement". Néanmoins, "nous avons vu que ce virus se rapproche puisqu’on l’a retrouvé à la fois en Turquie et en Roumanie. Donc il faut être tout à fait mobilisé", a-t-il ajouté.

Cette mobilisation repose en France sur un plan de prévention et de lutte contre la pandémie grippale. "Nous nous dotons de tous les outils absolument indispensables, par exemple d’un grand nombre de masques, d’un grand nombre d’antiviraux et de vaccins", a déclaré Dominique de Villepin. "Le vaccin final ne pourra être préparé que quand nous connaîtrons exactement la nature du virus, qui est susceptible de muter."

Ce plan est coordonné par le délégué interministériel à la grippe aviaire, le Professeur Didier Houssin, qui, "en fonction de l’élévation du risque, déclenchera à chaque fois des interventions", a indiqué le Chef du Gouvernement.

Le Premier ministre a également annoncé que la version révisée du plan gouvernemental sera rendue publique dès lors qu’il aura été validé, dans les prochains jours.

"A ce stade nous sommes dans la première alerte", c’est-à-dire que la France et l’Union européenne ont interdit "l’importation de volailles depuis les pays les plus touchés, y compris la Turquie et la Roumanie".

Une réunion internationale sur la grippe aviaire se déroulera les 7 et 8 novembre à Genève, à l’initiative de trois organismes multilatéraux : l’OMS (Organisation mondiale de la santé), l’OIE (Organisation internationale des epizooties) et la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’amimentation et l’agriculture).

Les deux priorités du Gouvernement

Lors de la réunion interministérielle, le Premier ministre a rappelé les deux priorités du Gouvernement concernant l’épizootie : prévenir et protéger.
A cette fin Thierry Breton a annoncé dimanche soir sur Europe 1 que 200 millions d’euros supplémentaires avaient été débloqués pour 2005. Il s’agit au total d’une enveloppe de 600 millions d’euros sur deux ans a déclaré Xavier Bertrand à l’issue de la réunion interministérielle.

-  Prévenir, en étroite coordination avec nos partenaires européens, la propagation de l’épizootie en Europe. A cette fin, plusieurs mesures sont mises en œuvre ou renforcées :

Dominique Bussereau, ministre de l’Agriculture, a annoncé vendredi 14 octobre, l’organisation d’un exercice grandeur nature en Bretagne les 3 et 4 novembre prochains sur la base de la découverte d’un foyer hypothétique.

-  Protéger la santé de tous les Français. Le Premier ministre a fait le point sur l’approvisionnement de la France en masques et en médicaments anti-viraux, ainsi que sur les réservations de vaccins, en application du plan de prévention et de lutte contre la pandémie grippale. L’innocuité de la consommation de volailles cuites a été rappelée.

Xavier Bertrand, ministre de la Santé, a déclaré, à l’issue de la réunion interministérielle, que la France disposait de 50 millions de masques aujourd’hui, distribués dans les hôpitaux, et que 200 millions seront disponibles début 2006.

Concernant les antiviraux, 14 millions de traitements seront disponibles fin 2005 (9 disponibles sont disponibles actuellement). Xavier Bertrand a rappelé que l’Etat gère les stocks et assurera sous l’autorité du SGDN la distribution gratuite en cas de pandémie. 40 millions de doses de vaccins ont été réservées par la France, a-t-il déclaré.

L’évolution de l’épizootie

La réunion interministérielle du 14 octobre 2005 intervient alors qu’un foyer d’influenza aviaire a été identifié le 11 octobre en Turquie et en Roumanie (voir le communiqué sur le site du ministère de l’Agriculture).

Par ailleurs, la suspicion clinique d’influenza aviaire chez des oiseaux domestiques dans le delta du Danube, déclarée par la Roumanie le 7 octobre 2005, a été confirmée par la Commission européenne le 13 octobre.

Numéro d’appel sur la grippe aviaire
Le ministère de la Santé et des Solidarités a mis en place un numéro d’appel sur la grippe aviaire (du lundi au samedi de 9h00 à 19h00), pour donner des informations aux voyageurs.
Vous pourrez retrouver la liste les pays touchés par la grippe aviaire, ainsi que des recommandations sanitaires.
Info’Grippe Aviaire
0 825 302 302 (0,15 € la minute)
Voir le dossier sur la grippe aviaire du ministère de la Santé.

Selon les scientifiques, "il y a un risque [en France]", a déclaré le ministre de la Santé, jeudi 13 octobre. "C’est pour cela que nous n’attendons pas que le risque soit là pour pouvoir anticiper. Il faut anticiper et prévenir plutôt que chercher à guérir".

Trois niveaux de grippe aviaire
Xavier Bertrand a expliqué les trois niveaux de grippe aviaire :
Le premier niveau, c’est l’épizootie, c’est-à-dire le virus qui frappe les oiseaux. Ceci a été constaté en Asie du Sud-Est et centrale.
Le deuxième niveau, c’est quand le virus passe de l’oiseau à l’homme. Cela a été constaté uniquement en Asie du Sud-Est, avec 119 malades et 60 décès.
Le troisième niveau, c’est la contagion d’homme à homme et cela n’existe pas car le virus n’a pas muté. "Mais comme ce risque existe, nous devons nous mobiliser au maximum et nous devons, encore une fois, anticiper", a indiqué le ministre de la Santé.
Pour en savoir plus, lire le dossier, sur le site de l’Institut de veille sanitaire (InVS).