Assemblée générale du SIMV

13 juin 2006

Intervention de Monsieur Daniel Gouffé, Président du Syndicat de l'Industrie du Médicament Vétérinaire et Réactif

 


Mesdames, Messieurs,

L’Assemblée Générale du SIMV est pour notre industrie l’occasion de recevoir nos interlocuteurs et de retenir un thème d’échange.

Cette année, nous avons invité Mme Pascale Briand la Directrice Générale de l’AFSSA ainsi que M. Patrick Dehaumont, le Directeur Général de l’ANMV à intervenir sur le thème :

 

« Le médicament au cœur de la santé »

 

Je vous remercie d’avoir accepté notre invitation. Nous sommes très honorés par votre présence et je vous souhaite la bienvenue au nom de tous laboratoires pharmaceutiques ici représentés.

C’est la première fois que l’AFSSA et l’ANMV interviennent ainsi à la suite de notre Assemblée Générale. Nous avons en effet souhaité souligner la qualité des relations que nous avons développées entre nos organisations et l’importance que nous attachons à votre action.

Avant de vous passer la parole, et de vous indiquer pourquoi nous serons très attentifs à vos propos, je voudrais vous donner quelques informations sur notre activité syndicale.

 

Informations sur l’activité du SIMV

 

-         Une conjoncture économique contrastée:

Nous avions à l’AG 2005 rappelé que l’industrie du médicament vétérinaire répondait par son innovation à des enjeux variés, tant de nature sanitaire (santé des animaux, bien-être, santé publique, sécurité alimentaire), qu’économique (compétitivité de l’élevage, maillage du territoire par les professionnels de la santé animale). J’avais indiqué que la France disposait pour cela d’atouts considérables au travers de son tissu industriel, du maillage de son territoire par le réseau des professionnels de la santé animale et de la force de son élevage.

Les intervenants  avaient appelé à mieux tenir compte des besoins réels de médicalisation de l’élevage français et de se donner l’ambition de relever trois défis : la mise en œuvre de l’innovation sur le terrain, l’adaptation de l’enseignement vétérinaire et la réponse aux besoins de compétitivité des éleveurs notamment au travers de leur formation.

 

Les résultats 2005 montrent que des progrès importants sont encore possibles :

 

Notre marché, estimé à 1.023 Milliard d’€ HT en ventes sorties distributeurs (source AIEMV), aura connu une nouvelle année de croissance faible (1,91 %) -  la bonne progression du marché animaux de compagnie et du marché équin compense la stagnation du marché des animaux de rente).
 

-         La sécurisation de la filière du médicament vétérinaire reste notre priorité 

Je ne prendrai ici qu’un seul exemple : les efforts mis en œuvre par nos entreprises pour mettre en place le data matrix afin assurer demain une traçabilité universelle du médicament vétérinaire.

 

-         Nous poursuivons dans le sens d’un développement éthique du marché

Nous entendons poursuivre nos efforts en matière de Déontologie Commerciale. Il y a dans ce domaine, au-delà de la rédaction de bonnes pratiques, et même du fonctionnement de notre Observatoire des Pratiques Commerciales, la nécessité de vérifier que le marché comprend notre démarche et la soutient. Nous accompagnons cette démarche d’une formation appropriée de nos forces de vente. Les relations avec la Distribution vont se poursuivre et nous venons de recevoir une liste de  thèmes qui vont structurer nos travaux. Nous avons communiqué sur l’actualité juridique en 2005 (Loi Dutreil) et nous continuerons d’étudier  l'impact des textes en projet sur l’économie de notre secteur
 

-         Les entreprises du médicament vétérinaire communiquent d’une seule voix

Le 18 mai 2006, lors du Congrès de la SGNTV, le SIMV a présenté à la presse vétérinaire la campagne de communication intitulée « Merci les médicaments vétérinaires ».

Cette campagne vise à promouvoir une image positive du médicament vétérinaire auprès des éleveurs et des propriétaires d’animaux, via leur vétérinaire. Nous avons souhaité que cette communication offre aux vétérinaires l’opportunité de dialoguer avec leurs éleveurs et leurs clients sur le bénéfice des médicaments vétérinaires et ainsi conforte leurs prescriptions.

L’objectif est donc triple : promouvoir une image positive du médicament vétérinaire, conforter le vétérinaire dans son rôle de prescripteur et rassurer les éleveurs et les propriétaires d’animaux sur le bénéfice apporté par les médicaments vétérinaires.

Cette campagne marque la volonté de développer une communication proactive et fédératrice, via le SIMV. Elle répond à des besoins exprimés lors de notre dernière Assemblée Générale par des confrères. Elle a pour vocation de s’inscrire dans la durée. L’objectif en 2007 sera d’associer plus directement les étudiants vétérinaires. Un plan de relations presse est également envisagé pour les éleveurs.

 

-         Dialogue avec les acteurs de la santé et de la chaîne alimentaire

Au sein de la FEFIS qui rassemble plus de 1 500 entreprises des industries de santé, 245 000 personnes et un chiffre d’affaires global de 60 milliards d'euros, nous faisons apparaître les enjeux économiques qui doivent s’inscrire plus clairement dans les politiques publiques.

Au sein de RESEDA, nous nous associons à l’ensemble des acteurs de l’alimentation pour répondre aux questions que se posent les Industries Agro Alimentaires, les Organisations Professionnelles Agricoles et définir des éléments de langage commun plus particulièrement sur nos produits.

Nous sommes désormais membres de Farre ce qui traduit notre soutien au développement d’une agriculture durable et à l’utilisation raisonnée des produits.

Ces forums de discussion ne nous font pas oublier l’importance d’une écoute des besoins des consommateurs. Nous leur avons d’ailleurs ouvert un espace dédié sur notre site Internet en 2005.

 

 

Pourquoi cette invitation ?

 

Nous sommes entrés dans une phase de coopération :

- la coopération avec les acteurs de la santé
L’importance du Médicament pour le maillage vétérinaire et les mutations du monde de l'élevage (groupements coopératives, PAC ...) justifie d’avancer également dans les relations entre notre industrie, la distribution et les OPV. Nous avons engagé un dialogue depuis un an autour des thèmes d’actualité que nous entendons poursuivre et je remercie les responsables des OPV d’avoir répondu à nos invitations. Nous étudierons les possibilités de soutenir - comme nous le faisons déjà avec la démarche de guide de bonnes pratiques du MV de la SNGTV-  les initiatives de formation des éleveurs à la bonne utilisation des produits. Nous sommes en contact étroit avec la FNGDS en ce sens.

- la coopération public/privé :
Au niveau Global et  Européen s'exprime une volonté politique de relever les futurs défis de la santé animale en partenariat public/privé. L’influenza aviaire a eu le mérite de faire prendre conscience de l’importance de disposer des outils de prévention des épizooties.  Des initiatives  concrètes en résultent : SSAFE, initiée par l'OIE et la Banque Mondiale que nous entendons soutenir, la plateforme européenne "Santé animale". En France, les pôles de compétitivité démontrent la volonté des autorités de défendre les centres d'expertise français. Nous devons prolonger ces initiatives et réaliser, au travers d’une initiative miroir, une large coalition pour développer les réponses qu’attend le marché et que justifient les maladies émergentes.

- la coopération SIMV/ANMV :
Celle-ci n’est pas nouvelle. Nous avons à titre d’exemple poursuivi notre enquête sur les antibiotiques qui est un exemple de coopération en Europe. Vous avez organisé une réunion d’information en décembre à Fougères qui a donné toute sa mesure à la réorganisation que vous aviez décidée. Les réunions mensuelles dans le cadre de l’Unité Opérationnelle constituent la pierre angulaire de ce dialogue. Le SIMV salue les réformes engagées qui ont favorisé le retour de la confiance des laboratoires.   Nous restons très vigilants sur les progrès réalisés, mais saluons l'ouverture au dialogue de l'ANMV et de l'AFSSA.  Pour la première fois, le SIMV a travaillé avec l’ANMV pour l’élaboration d’un plan d’actions prioritaires qui a d’ailleurs montré la convergence de nos objectifs. Vous avez à cette occasion souligné le rôle que jouait le SIMV dans la définition et le contrôle d’une déontologie dans la publicité, faisant de notre Observatoire un relais efficace de la mission confiée dans ce domaine à l’Agence. Nous avons engagé une réflexion utile pour intégrer votre doctrine à notre code  de déontologie.

 

Notre attente
 

Nous considérons que l’industrie du médicament vétérinaire est un enjeu stratégique pour notre Pays comme l’avait très bien identifié en 2004 l’académie de médecine (Rapport Parodi) :
 

La France est le premier marché européen du médicament vétérinaire. Notre pays doit cette prééminence à :  

-   l’importance de son cheptel (1er marché pour le cheptel bovin avec 19,7 millions de têtes), ainsi qu’aux populations d’animaux dits « de compagnie » (8 millions de chiens et 9 millions de chats)

-   la compétence des acteurs de la distribution des médicaments (vétérinaires, pharmaciens, éleveurs),

-   la qualité du réseau de santé animale regroupant professionnels de la santé animale et éleveurs (les Groupements de défense sanitaire)

-   un  niveau de médicalisation élevé,

-   le sérieux et de dynamisme de l’industrie pharmaceutique vétérinaire française. J’englobe ici les réactifs vétérinaires dont la section a démontré son dynamisme cette année en relançant l’Association Européenne : l’AEFRV qui a son siège dans nos locaux et dont je salue la Présidente Johanna Koolen.

-   l’omniprésence de l’administration (Ministères de la Santé et de l’Agriculture) garante d’un haut niveau de sécurité tant pour le consommateur que pour l’animal, voire pour l’environnement, basée sur l’autorisation de mise sur le marché du médicament (par indication et par espèce) sur la prescription et sur une procédure d’engagement mutuel vétérinaire/éleveur sur le terrain. Le récent rapport du Conseil national de l’alimentation a démontré sur ce point notre avance sur le secteur phytosanitaire.


Le maintien d’une industrie française du médicament vétérinaire leader en Europe dépendra :


1)      Au plan européen :

-   de l’harmonisation des niveaux d’exigences en  matière d’enregistrement et de contrôle des médicaments vétérinaires, exercée dans le cadre d’un contexte réglementaire approprié, prenant en compte des spécificités du MV par rapport à l’humaine, et permettant une disponibilité accrue du MV.


2)      Au plan national :

-    d’une autorité d’évaluation dotée de moyens suffisants pour lui permettre d’améliorer la qualité de ses missions (évaluation) et d’assurer le respect de ses engagements en terme de délais. De ce point de vue, l’industrie a été appelée à faire un effort très important. Nous le considérons comme un investissement.

-   d’entamer un vrai dialogue avec l’industrie, votre présence aujourd’hui est tout à fait symbolique de ce nouvel état d’esprit.

-   de structures de recherche publique plus ouvertes aux collaborations avec l’industrie, sur le modèle de la plateforme mise en place au niveau européen.

-   d’une administration plus active, notamment dans la rapidité de transposition des textes européens dans le contrôle du commerce transnational des médicaments vétérinaires.  


Il en va Mme la Directrice de la compétitivité et de l’attractivité de notre Pays pour les industries de la santé animale.