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Les consommateurs et
l'agriculture biologique
Prise de position - 06/03/2003
es
consommateurs ont pris conscience que les modes de production, au-delà de la sécurité
et de la qualité des produits, ont largement porté atteinte à leur
environnement. Aujourd'hui, ils souhaitent une réorientation de ces modes de
production pour revenir à une meilleure prise en compte de leurs conséquences
environnementales. De plus en plus, la protection de l'environnement est, pour
les consommateurs, une condition nécessaire. Les agriculteurs ne produiront
durablement que s'ils prennent en compte ces nouvelles exigences. Face à ce
constat, toutes les initiatives, tous les itinéraires de production apportant
un plus en matière environnementale représentent un élément positif pour
notre association. C'est le cas au premier chef de l'agriculture biologique, qui
symbolise également pour certains consommateurs une réponse à la sécurité
et à la qualité des produits.
I. L'agriculture
biologique : une réalité aujourd'hui
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1. Le consommateur est
demandeur
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2. Le marché s'est organisé
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3. Qu'appelle-t-on un
produit bio ?
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L'interdiction d'utilisation de
produits chimiques de synthèse
Un produit issu de
l'agriculture biologique est un produit issu d'un mode de production qui exclut
l'utilisation de produits chimiques de synthèse , en conciliant au maximum l'équilibre
sol-plante-animal, les cycles naturels, l'aménagement équilibré du
territoire, le respect de l'environnement et du bien-être animal. Il faut également
savoir qu'il y a dans l'agriculture biologique une interdiction totale
d'utilisation des OGM et de leurs dérivés.
Une réglementation française
bien établie
Les premiers cahiers
des charges définissant l'agriculture biologique remontent aux années
soixante-dix. Mais ce n'est qu'au travers de la loi de juillet 1980 (complétée
par le décret du 11 mars 1981) que les pouvoirs publics français vont reconnaître
officiellement l'agriculture biologique. Enfin, il faudra attendre 1985 pour que
le logo AB voie le jour. Dans les années quatre-vingt-dix, les cahiers des
charges vont être unifiés pour laisser la place à deux législations : l'une
à destination des productions végétales, l'autre concernant les productions
animales.
Des réglementations française
et européenne proches, mais pas identiques
Au niveau européen, à
l'initiative notamment de la France, une réflexion a été menée pour la définition
de l'agriculture biologique. Cette réflexion a permis la mise en place du règlement
communautaire concernant la production biologique du 24 juin 1991, où l'on
retrouve la majeure partie des principes et des définitions de la réglementation
française. Le texte communautaire s'est appliqué dans un premier temps aux
productions végétales puis, depuis le 24 août 2000, aux productions animales.
4. Comment sont contrôlés
les produits bio ?
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II. Quel point de vue sur les produits
biologiques ?
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1. Des points positifs
incontestables, notamment les impacts sur l'environnement
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Le maintien de la biodiversité
Les recherches
indiquent que l'agriculture biologique contribue davantage aux efforts entrepris
pour améliorer le paysage, la conservation de la faune sauvage et la diversité
de la faune et de la flore que les systèmes d'exploitation non biologiques.
L'agriculture biologique contribue à la préservation des espèces et des
habitats naturels, étant donné qu'elle requiert peu d'intrants (l'usage limité
des pesticides joue aussi un rôle essentiel dans les efforts consentis pour préserver
la biodiversité), qu'elle réserve une large part de l'exploitation aux
herbages et qu'elle a largement recours aux espèces indigènes.
La qualité de l'eau
L'usage limité des
pesticides qu'implique l'agriculture biologique contribue aussi à l'amélioration
de la qualité de l'eau. L'agriculture biologique donne généralement lieu à
des taux de lessivage des nitrates moindres que ceux liés à l'agriculture
conventionnelle. L'interdiction d'utilisation de fertilisants chimiques et les
limites applicables à l'intensité du bétail permettent une diminution des
pollutions par les nutriments.
La protection des sols
Les pratiques de
gestion largement utilisées par les agriculteurs ayant choisi le mode de
production biologique, telles que la plantation de cultures intercalaires destinées
à réduire le lessivage des nitrates, des rotations plus larges et plus variées,
les combinaisons de pâturage visant à réduire le surpâturage spécifique,
contribuent à la protection des sols. Bien que la partie organique du contenu
du sol soit très spécifique au site considéré, elle est généralement plus
élevée dans les exploitations biologiques que dans les exploitations non
biologiques.
Le bien-être des animaux
Les normes applicables
à l'agriculture biologique comportent différentes exigences concernant le
bien-être des animaux, notamment pour ce qui est de l'accès aux pâturages et
aux espaces extérieurs de libre parcours, de l'espace vital du bétail et de la
mise en oeuvre de régimes plus naturels et moins intensifs.
2. Néanmoins, des
interrogations demeurent sur la qualité des produits
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Résidus de pesticides
Dans nos tests, les produits biologiques ne contiennent pas de pesticides,
exception faite du pain complet. Mais ce qui est à noter en ce qui concerne les
fruits et légumes, c'est que les produits conventionnels français ne
contiennent pas nécessairement plus de pesticides. Seuls les tests sur les
salades et le pain complet ont montré une forte présence de pesticides, même
si les résidus demeurent pour leur majorité sous les limites maximales autorisées
(LMR). En revanche, les écarts sont nettement plus significatifs en ce qui
concerne les céréales, et cela malgré les fraudes dans les filières bio.
Présence de nitrates et
nitrites
S'ils sont apportés en
excès à un moment inopportun, les engrais naturels utilisés en agriculture
biologique peuvent, tout autant que les produits chimiques, conduire au stockage
de nitrates par la plante. C'est ce que montrent les tests que nous pratiquons régulièrement
sur les légumes.
Valeur nutritionnelle
Il n'y a pas de différence
significative entre la valeur nutritionnelle des produits biologiques et celle
des produits conventionnels, lorsque nous faisons nos tests. Différentes
recherches concluent à une supériorité des fruits et légumes issus de
l'agriculture biologique (ils seraient plus concentrés en vitamines et minéraux
car moins aqueux). Mais cette différence ne semble pas constante et pas
toujours très marquée, de nombreux facteurs indépendants des méthodes de
culture (terroir, ensoleillement, variété cultivée) influençant la
composition nutritionnelle. Par ailleurs, les scientifiques eux-mêmes ne
semblent pas unanimes sur la question. C'est pourquoi d'ailleurs l'UFC-Que
Choisir attend avec impatience les conclusions du groupe de travail de l'Afssa
sur le sujet de la qualité nutritionnelle et sanitaire des produits de
l'agriculture biologique.
Qualité gustative
La qualité gustative
varie d'un produit à l'autre sans différence significative entre famille
biologique et conventionnelle. Il y a des bons et des mauvais produits de part
et d'autre, même si nous constatons que de plus en plus souvent, les produits
biologiques obtiennent de bons résultats et s'approchent des résultats des
autres produits labellisés. Néanmoins, il faut reconnaître que cette question
est très subjective.
III. Quel avenir pour l'agriculture
biologique ?
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1. Vers une obligation de résultat
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2. Quel devenir pour le
signe AB ?
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3. Pour une réflexion sur
les prix
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