Comment s’organise la surveillance de l’antibiorésistance* ?
La surveillance de l’antibiorésistance s’organise selon trois approches principales :
- sécurité avec la surveillance de la sensibilité aux antibiotiques utilisés en médecine humaine de bactéries représentatives d’un risque pour la santé publique.
- efficacité avec la surveillance de la sensibilité aux antibiotiques utilisés en médecine vétérinaire de la sensibilité de bactéries représentatives des infections animales.
- utilisation avec la surveillance des quantités d'antibiotiques utilisés en médecine vétérinaire.
Ces approches complètent les données épidémiologiques qui analysent les relations entre les pratiques (molécules et quantité utilisées) et les phénomènes d’antibiorésistance afin de mieux comprendre les causes de l’apparition de ces derniers et d’améliorer les pratiques.
Qui participe aux réseaux de surveillance ?
En France de nombreuses actions de surveillance sont menées par les Autorités administratives, les vétérinaires et l'industrie du médicament vétérinaire ; certaines d’entre elles relaient également des études menées au niveau communautaire.
Les Autorités administratives
La Direction Générale de l'Alimentation (DGAl) et l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) ont un programme de recherche et de surveillance qui s’articule selon trois axes :
- enquêtes terrain par le suivi de la prescription et de l’utilisation des antibiotiques en médecine vétérinaire, analyse des quantités de médicaments vétérinaires antibiotiques vendues par les laboratoires,
- prélèvements pour permettre de caractériser l’évolution de la résistance bactérienne aux antibiotiques chez les bactéries de la flore intestinale des animaux,
- collectes d’échantillons pour étudier l’évolution de la résistance aux antibiotiques chez les bactéries pathogènes pour les animaux et les bactéries responsables de zoonoses.
Les différentes structures spécialisées de l'AFSSA sont aussi intégrées aux programmes de surveillance des risques éventuels. Citons l'AFSSA - Ploufragan pour les volailles et les porcs, l'AFSSA – Lyon sur les pathologies bovines, l'AFSSA - Paris pour les salmonelles. Sont associés à ces travaux, des laboratoires vétérinaires départementaux et privés et un partenariat très large des équipes de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), de l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), de l'Institut Pasteur, des Facultés de médecine, de l'Institut National de la Veille Sanitaire (INVS), des Ecoles vétérinaires, des Instituts techniques, des laboratoires publics d'hygiène alimentaire.
Les vétérinaires
La Société Nationale des Groupements Techniques Vétérinaires (SNGTV) s'est directement impliquée dans l'élaboration d'une politique de sensibilisation des vétérinaires prescripteurs et des éleveurs sur l'importance du diagnostic et d'une ordonnance préalablement à l'utilisation du médicament et particulièrement des antibiotiques.
Par ailleurs, tous les vétérinaires sont impliqués dans la surveillance de l'efficacité des médicaments dont les antibiotiques, au travers du réseau de pharmacovigilance.
L’industrie du médicament vétérinaire : Se reporter Fiche 8.
* L’antibiorésistance correspond à l’apparition de bactéries résistantes à un antibiotique donné. Préoccupation majeure au niveau national et international, la résistance aux antibiotiques fait notamment l’objet d’une consultation tripartite conduite depuis 2003 par l’OMS, la FAO et l’OIE afin entre autre de mieux identifier les classes d’antibiotiques indispensables à la fois en médecine humaine et en médecine vétérinaire.