Quelle surveillance des bactéries résistantes sur l’animal sain ?
Afin de cerner le risque de santé publique, quatre espèces bactériennes représentatives indicatrices ont été sélectionnées et font l’objet d’un suivi chez l’animal sain :
- deux bactéries dites zoonotiques, bactéries pouvant être responsables de maladies communes à l'homme et à l’animal : Campylobacter et Salmonelles,
- deux bactéries dites indicatrices : Colibacilles et Enterococcus faecium présentes dans la flore intestinale des animaux.
Les bactéries sont isolées à partir de prélèvements du contenu intestinal d’animaux sains (poulets de chair et porcs charcutiers) effectués en abattoir.
Au niveau communautaire le Centre Européen d’Etudes pour la Santé Animale (CEESA) pilote une étude financée par 9 laboratoires pharmaceutiques vétérinaires pour 10 pays européens. Ce programme présente l’intérêt d’être réalisé selon une méthodologie identique, en termes de prélèvements et de concentrations minimales inhibitrices, afin de disposer de données comparables. Il est effectué sur les espèces bovine, porcine et aviaire, isole les E. Coli, Campylobacter, Enterococcus faecium et feacalis et Salmonelles et teste leur sensibilité vis-à-vis d’antibiotiques utilisés en médecine humaine.
Echantillons et analyses sont centralisés au sein d’un seul laboratoire : Charles River (UK).
Quelle surveillance des bactéries résistantes sur l’animal malade ?
Il existe aussi, à ce même niveau européen, une collecte de souches de 13 germes pathogènes différents ; elle s’effectue dans 11 pays européens en élevages porcins, aviaires et bovins.
Ce réseau VETPATH est financé par 8 sociétés et constitue ainsi une banque de souches actualisées.
Les objectifs essentiels de telles actions sont :
- un suivi de la sensibilité des germes aux traitements antibiotiques dans le cadre des maladies communes à l’homme et à l’animal,
- le développement d’une banque de germes pathogènes de première intention que les sociétés soutenant ce projet peuvent utiliser pour répondre aux exigences réglementaires en matière d’enregistrement et de maintien sur le marché des substances antibiotiques vétérinaires,
- une évaluation du risque de contamination de la chaîne alimentaire par les bactéries résistantes.
Le CEESA vient également de débuter une collecte de germes pathogènes spécifiques aux animaux de compagnie (chien et chat) dans 10 pays européens.
Les germes visés couvrent les pathologies respiratoires, urinaires, cutanées et auriculaires. 6 sociétés pharmaceutiques vétérinaires soutiennent ce projet dont le but initial est le développement d’une banque de germes pathogènes spécifiques de première intention que les sociétés soutenant ce projet pourront utiliser dans le cadre d’une demande d’AMM ou d’un suivi après mise sur le marché.
Au niveau français, l’AFSSA, en complément d'un réseau d'épidémiosurveillance de pathologie bovine qui existe depuis de nombreuses années, a mis en place deux autres réseaux, l'un pour les volailles, l'autre pour les porcs.
Ces trois réseaux forment le réseau d’épidémiosurveillance RESAPATH.
Ces actions concernent donc des animaux malades sur lesquels sont effectués des prélèvements réalisés par des vétérinaires. Ils adressent à des laboratoires spécialisés (publics ou privés) les échantillons et les informations, liés à la pathologie rencontrée. Le réseau a ainsi pour objectif de centraliser les antibiogrammes réalisés par les laboratoires vétérinaires départementaux afin d’améliorer la surveillance.
La sensibilité des germes isolés est testée au regard d'antibiotiques représentatifs utilisés en médecine vétérinaire.
Les laboratoires de l’AFSSA peuvent également étudier les mécanismes moléculaires de résistance qui pourraient apparaître.
Cette approche permet d’assurer le suivi de l’efficacité des antibiotiques utilisés en médecine vétérinaire et d’informer ainsi :
- les vétérinaires cliniciens sur l'effet thérapeutique à attendre,
- l'Agence Nationale du Médicament Vétérinaire et les laboratoires pharmaceutiques sur l'évolution éventuelle de la sensibilité des bactéries pathogènes aux antibiotiques utilisés en médecine vétérinaire.