Dans l’industrie de la santé animale, la recherche basée sur l’expérimentation animale demeure un élément essentiel des procédures de mise au point, d’évaluation et de contrôle des médicaments vétérinaires. Ces procédures aboutissent au développement de produits qui contribuent à sauver ou à améliorer de nombreuses vies animales à travers le monde. La politique des laboratoires en matière de soins et d’utilisation des animaux reflète leur engagement en faveur d’un traitement respectueux des animaux de laboratoire. Ainsi, toute recherche ayant recours à des animaux est entreprise uniquement après examen de toutes les considérations éthiques qui garantissent un bon traitement des animaux d’expérimentation. Les laboratoires s’assurent également que dans ces cas, il n’existe pas d’alternative scientifiquement appropriée et validée à l’utilisation d’animaux qui soit acceptable pour les organismes de contrôle.
Pourquoi les laboratoires mènent-ils des recherches basées sur l’expérimentation animale ?
Les entreprises du médicament, d’un point de vue éthique et légal, sont dans l’obligation d’évaluer rigoureusement tout nouveau médicament. L'expérimentation animale fait partie des exigences réglementaires et est essentielle sur un plan scientifique pour la découverte et le développement des médicaments vétérinaires. Un grand nombre de ces évaluations peut être réalisé grâce à des techniques qui ne nécessitent pas d’avoir recours à des animaux (modèles informatiques, tests in vitro ou essais sur éprouvettes). Cependant, en l’état actuel des connaissances scientifiques, tester ces médicaments sur des animaux est souvent indispensable à leur évaluation. Ces tests sont également exigés par les agences d'évaluation qui s’assurent ainsi de la qualité, de l’efficacité et de l’innocuité des médicaments mis au point.
Sur un plan réglementaire, l'expérimentation animale est encadrée par la Directive européenne 86/609 concernant le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives des États membres relatives à la protection des animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d'autres fins scientifiques. Cette directive est actuellement en cours de révision afin de faire encore progresser les conditions d'expérimentation animale.
L’engagement de l’industrie pour un traitement éthique et respectueux des animaux.
Les laboratoires agissent de manière responsable en menant leurs recherches sur les animaux de façon respectueuse et éthique. Ces engagements sont traduits dans des chartes internes précisant les bonnes pratiques. Par exemple, toutes les personnes amenées à travailler sur l'expérimentation animale dans les laboratoires sont qualifiées et formées. Tout chercheur, responsable d’une expérimentation sur l’animal vivant doit être titulaire d’une autorisation d’expérimenter, délivrée sous certaines conditions par le Ministère de l’Agriculture. Les autres personnes, techniciens par exemple, qui expérimentent ne doivent pratiquer que sous la direction et le contrôle d'une personne elle-même titulaire de cette autorisation. Ils doivent de plus être titulaires de "l'autorisation de participer directement aux expérimentations", la qualification nécessaire étant obtenue après avoir reçu une formation agréée par les autorités.
Toutes les expérimentations sont soigneusement conçues et menées de façon à réduire au maximum ou à éviter douleur, souffrance ou inconfort pour les animaux. Les projets nécessitant un recours à l’animal sont précisément évalués avant qu’ils ne soient entrepris. La santé et le bien-être de tous les animaux utilisés est au centre des préoccupations.
L'industrie encourage et soutient les programmes de recherche visant à trouver des solutions alternatives à l'expérimentation animale.
Les laboratoires s’engagent résolument dans le développement et l’utilisation de méthodes alternatives de test. Ces méthodes doivent être validées scientifiquement, être acceptables pour les autorités de contrôle et ne compromettre ni la sécurité de l’animal traité, ni l’efficacité des médicaments. Certains laboratoires cherchent à développer de nouveaux tests in vitro et des analyses prévisionnelles assistées par ordinateur qui permettraient de diminuer l’utilisation des animaux. Ils travaillent également au sein d’associations (le Groupe Interprofessionnel de Réflexion et de Communication sur la Recherche par exemple) et directement avec les autorités, pour faire reconnaître et accepter les méthodes alternatives dans les cas où celles-ci s’avèrent appropriées.
Citons par exemple l'EPAA : le "partenariat européen sur les alternatives aux essais sur les animaux". Il s'agit d'une initiative conjointe de la Commission européenne et de plusieurs entreprises et fédérations professionnelles de divers secteurs d'activité (dont la santé animale). Lancé en novembre 2005 par les commissaires Verheugen et Potočnik et des représentants de ces secteurs, le partenariat a pour objectif de promouvoir la conception de nouvelles méthodes dites des «3 R» (voir ci-dessous) afin de proposer des méthodes de substitution modernes aux tests d'innocuité.
Les activités de l'EPAA consistent principalement à établir une cartographie des recherches existantes, à élaborer de nouvelles méthodes et stratégies de substitution, et à promouvoir la communication et la formation à ces nouvelles approches, ainsi que leur validation et leur acceptation.
Les activités effectuées et les progrès réalisés sont évalués chaque année lors d'une conférence «3 R».
La "Règle des 3R de l’expérimentation animale"
Des laboratoires soutiennent désormais la "Règle des 3R de l’expérimentation animale" énoncée en 1959 par Russell et Burch et définissant l’utilisation de méthodes alternatives :
- remplacer (Replace) les expériences basées sur l’expérimentation animale par des expériences ne nécessitant pas le recours à des animaux, telles que les modèles mathématiques, les simulations informatiques et les systèmes biologiques in vitro, lorsque cela est possible et dans les cas où des animaux doivent être utilisés
- réduire (Reduce) au minimum nécessaire le nombre d’animaux utilisés dans chaque étude, ainsi que le nombre d’études ayant recours à des animaux. Cette réduction doit être compatible avec l’obtention de résultats valables et l’atteinte des objectifs de recherche
- optimiser (Refine) les conditions dans lesquelles les animaux sont hébergés, soignés et utilisés pour minimiser la douleur et la souffrance des animaux.
L'industrie pharmaceutique
a été l'un des principaux contributeurs à la mise en place du concept des 3R,
notamment par sa recherche de méthodes alternatives.
Pour en
savoir plus, Publications de l’Académie Vétérinaire de France
-
RÉSULTATS D’UN SONDAGE RELATIF À L’EXPÉRIMENTATION ANIMALE EN FRANCE par
Bruno VERSCHUERE et François LACHAPELLE (Communication présentée le 26 juin
2008)
-
EXPÉRIMENTATION ANIMALE : LES COMITÉS D’ÉTHIQUE EN 2008 par Bruno
VERSCHUERE (Communication présentée le 9 octobre 2008)
-
MÉTHODES SUBSTITUTIVES À L’EXPÉRIMENTATION ANIMALE : ASPECTS RÉGLEMENTAIRES,
ÉTAT DE L’ART ET PERSPECTIVES par Isabelle FABRE (Communication
présentée le 9 octobre 2008)
-
OPTIMISATION DES TECHNIQUES D’EXPÉRIMENTATION ANIMALE par Patrick HARDY
(Communication présentée le 9 octobre 2008)
-
CHARTE NATIONALE PORTANT SUR L’ÉTHIQUE DE L’EXPÉRIMENTATION ANIMALE
Le 17.04.09
A lire également, le communiqué de presse de l'Académie de médecine et de l'Académie de pharmacie, daté du 10 novembre 2009 : "Il faut lever le tabou expérimentation animale".