Protéger nos animaux
Quelques éléments essentiels pour comprendre le « comment » et le « pourquoi » du développement des vaccins vétérinaires
Les médicaments vétérinaires contribuent de façon significative à l’amélioration du monde dans lequel nous vivons.
Les animaux, comme les hommes, souffrent de maladies nécessitant des soins appropriés de la part des vétérinaires, des éleveurs ou des propriétaires d’animaux de compagnie. Chaque fois que cela est possible, il est préférable de prévenir ces maladies, plutôt que de les guérir.
L’une des méthodes de prévention utilisée, chez l’homme comme chez l’animal, est la vaccination.
La mission de l’industrie de la santé animale est de fournir des médicaments et des vaccins vétérinaires sûrs et efficaces. Les vaccins en particulier ont pour but de stimuler les processus de défense naturelle de l’organisme, pour prévenir le développement des maladies, et contribuer ainsi à la santé et au bien-être animal.
La fabrication et la vente des médicaments, y compris celles des vaccins et anti-sérums1, sont hautement réglementées afin de garantir la sécurité et l’efficacité de ces produits, avant même leur mise sur le marché.
Ce document éclaire les spécificités des vaccins et anti-sérums, pour une meilleure compréhension de ces sujets si complexes.
SOMMAIRE
L’IMPORTANCE DES MEDICAMENTS ET DES VACCINS VETERINAIRES
PRINCIPES ET AVANTAGES DE LA VACCINATION
LA PRODUCTION DES
VACCINS
LE MARCHE DU
VACCIN VETERINAIRE
LES PERSPECTIVES
Les principaux objectifs des médicaments et des vaccins vétérinaires sont :
- prévenir et traiter les maladies animales ;
- garantir le bien-être animal ;
- permettre que l’élevage des animaux de rente (producteur de denrées alimentaires pour l’homme) et des animaux de compagnie et de loisirs (chiens, chats, chevaux, etc…) soit conduit dans des conditions économiques satisfaisantes ;
- assurer la qualité sanitaire des denrées alimentaires d’origine animale que l’homme va consommer ;
- protéger la santé publique et contrôler les maladies animales zoonotiques2 qui représentent une menace pour l’homme, au travers des contacts avec les animaux ou de la contamination des denrées alimentaires.
Les vaccins et anti-sérums sont le plus souvent utilisés pour prévenir les maladies causées par des agents pathogènes comme les bactéries et les virus. Ils peuvent également servir à maîtriser des maladies provoquées par d’autres organismes, tels que les parasites et les champignons (la teigne, par exemple).
Il est essentiel de garantir la bonne santé des animaux
Les vaccins contribuent au bien-être des animaux de rente et des animaux de compagnie, au développement économique de l’élevage, à la disponibilité et à la sécurisation des denrées alimentaires, ainsi qu’à la santé des propriétaires d’animaux. Ils jouent un rôle important dans la lutte contre de nombreuses maladies et ont démontré leur intérêt majeur dans le contrôle de maladies d’importance vitale pour les animaux de rente et de compagnie, comme dans celles représentant une menace pour la santé humaine, telles que la variole, la rage ou les salmonelloses.
La salubrité de l’environnement dans lequel nous vivons est en partie liée à la santé animale, en particulier dans le cadre de l’émergence actuelle de maladies zoonotiques (par exemple : grippe aviaire, etc…). L’accroissement des échanges au niveau mondial, et donc des mouvements de marchandises, d’animaux et de personnes, est en effet propice à la diffusion de certaines maladies qu’il convient de contrôler.
Des animaux en bonne santé améliorent l’approvisionnement en denrées alimentaires d’origine animale d’une population mondiale en pleine croissance.
Les maladies affectant les animaux de rente peuvent en effet avoir des répercussions sur la qualité et la quantité des denrées alimentaires produites (viande, lait, œufs, etc…). Les vaccins vétérinaires permettent de contrôler ces maladies. En outre, les vaccins réduisent les risques de transmission à l’homme de certaines affections zoonotiques potentiellement graves, comme la salmonellose. La sécurité pour les consommateurs est alors optimale, puisque la consommation de la viande d’animaux vaccinés est par ailleurs sans risque.
La vaccination a, dans le passé, profondément amélioré la santé de l’homme et des animaux, et continuera à être l’un des outils fondamentaux pour contrer les risques sanitaires à venir. Elle a, par exemple, permis d’éliminer la variole et de maîtriser plusieurs autres fléaux contre lesquels aucun traitement n’existe, comme la poliomyélite humaine, la fièvre aphteuse du bétail, la maladie de Carré du chien ou encore la rage chez l’homme comme chez l’animal.
L’apparition de nouvelles maladies, toujours possible, peut s’avérer catastrophique, en particulier dans les régions les moins développées du globe, où les sociétés rurales sont souvent très dépendantes de leur élevage. La recherche médicale, réalisée grâce aux technologies modernes, apporte un espoir face à de tels défis.
- Il est toujours préférable de prévenir une maladie plutôt que d’avoir recours aux traitements. Les conséquences d’une maladie peuvent être, par exemple, la contamination d’autres animaux ou de personnes ou bien la baisse de rendement (retard de croissance des animaux, chute de production laitière, voire mortalité, etc…).
- Des conditions d’élevage optimales, comprenant des mesures de biosécurité efficaces, constituent le facteur le plus important de prévention des maladies chez les animaux de rente. Cependant, les animaux peuvent malgré tout être malades, et les maladies les plus contagieuses se propager rapidement, avec des conséquences dévastatrices. La vaccination représente alors l’un des outils vétérinaires les plus performants.
- Le vétérinaire peut améliorer l’immunité naturelle des animaux, soit grâce aux vaccins qui stimulent la réponse immunitaire protectrice, avant que la maladie ne frappe, soit en utilisant des anti-sérums, au tout début de l’infection. De plus, avec la vaccination, c’est tout un troupeau qui peut être protégé, ainsi que les personnes en contact avec les animaux.
Le principe sur lequel repose la vaccination est celui du « leurre biologique ». Il s’agit d’introduire une petite quantité d’un agent pathogène affaibli (« vivant atténué ») ou tué (« inactivé ») dans un organisme humain ou animal, dont il stimule le système de défense immunitaire.
Le système immunitaire sera dès lors capable de reconnaître ultérieurement l’agent pathogène, permettant ainsi à l’organisme de se défendre contre une éventuelle nouvelle exposition à cet agent pathogène. Ainsi, cette « mémoire » immunologique est la base d’une réponse rapide et efficace en cas de réinfection avec le même agent pathogène, pour une protection optimale.
- Pas besoin d’être malades pour être bien protégés
Lorsque le vaccin contenant l’antigène3 est administré, il oblige l’animal à produire ses propres anticorps protecteurs, comme s’il avait été exposé naturellement à l’infection, sans encourir toutefois le danger d’être gravement malade. L’immunité est induite de façon artificielle : il n’est pas nécessaire que les animaux soient malades pour devenir résistants aux futures expositions à l’agent pathogène responsable de la maladie.
- Une protection sur mesure
Les souches des micro-organismes utilisées pour la fabrication des vaccins ou des anti-sérums sont choisies pour tenir compte le plus possible des connaissances des scientifiques sur la maladie ; les souches utilisées durant la fabrication peuvent ainsi varier avec le temps, pour correspondre le plus possible aux différents types de micro-organismes responsables de la maladie qui évoluent parfois avec le temps sur le terrain. Cela permet aux humains et aux animaux vaccinés d’être toujours immunisés de façon adéquate. Cette démarche est illustrée, chez l’homme, par l’exemple de la vaccination contre la grippe, qui nécessite des adaptations régulières des souches vaccinales.
- Une seule injection pour une protection multiple
Un vaccin peut contenir plusieurs souches différentes et, ainsi, une seule injection vaccinale peut offrir une protection combinée contre plusieurs souches d’une même maladie, voire contre plusieurs maladies à la fois.
Les vaccins
sont habituellement fabriqués à partir de l’agent pathogène responsable de la
maladie visée et sont donc spécifiques de cette maladie. Dans certains cas très
limités, un vaccin peut être produit à partir d’un organisme pathogène
responsable d’une maladie très proche de celle contre laquelle on veut protéger
l’organisme, mais entraînant seulement une affection sans gravité. Par exemple,
un vaccin fabriqué à partir du virus variolique bovin, sans danger pour l’homme,
peut vous protéger contre le virus variolique humain, aux conséquences
gravissimes.
Parfois,
seule une partie du micro-organisme ou une sécrétion de celui-ci sont utilisées.
Par exemple, on utilise dans certains cas les toxines responsables de la
maladie, sécrétées par l’agent pathogène. Elles sont isolées et traitées afin de
les rendre inoffensives tout en conservant leurs propriétés immunologiques.
Elles sont purifiées et transformées pour former le vaccin final ou les
anatoxines des anti-sérums. Les vaccins contre le tétanos et la diphtérie sont
fabriqués de la sorte.
Il existe
des vaccins vivants et des vaccins tués. Les premiers peuvent être produits en
utilisant des micro-organismes vivants ayant été « atténués » selon différents
procédés, afin de les rendre inoffensifs. Ils sont connus sous le nom de vaccins
« vivants » ou « atténués ». Les seconds peuvent être produits en utilisant des
micro-organismes tués (« inactivés »).
Dans tous les cas, la capacité du micro-organisme à induire une réponse immunitaire est conservée tandis que sa capacité à provoquer une maladie est éliminée.
L’Europe de
l’Ouest est l’un des marchés mondiaux les plus importants pour les médicaments
et vaccins vétérinaires4. Le total des ventes
européennes de produits de santé animale représentait 4 800 millions de dollars
en 2004, soit 35 % des ventes mondiales5. En 2004,
les vaccins représentaient 24 % de ce marché européen, les antiparasitaires 27
%, les antimicrobiens 21 %, les produits topiques 7 % et les autres produits 21
%6. Par comparaison, à cette date, le marché de la
santé animale en Europe de l’Ouest représentait approximativement 3,3 % du
marché du médicament humain.
Les frais
de développement et d’enregistrement nécessaires pour mettre de nouveaux
produits sur le marché sont très élevés, particulièrement pour ceux fabriqués
grâce à des nouvelles technologies. Ainsi, le programme de recherche et de
développement d’un nouveau produit vétérinaire, depuis sa découverte jusqu’à sa
mise sur le marché, revient à près de 50 millions d’euros et peut durer de 5 à
11 ans !
Le marché
des vaccins vétérinaires est relativement petit et très fragmenté, car il
nécessite des vaccins spécifiques pour les différentes espèces animales,
susceptibles chacune d’être touchées par de nombreuses maladies. Cela se traduit
par un nombre plus élevés d’études à conduire et, dès lors, dans ce secteur, des
coûts plus élevés.
Il n’existe
pas aujourd’hui de vaccins contre toutes les infections, mais la recherche
moderne est très prometteuse et offre de nouvelles perspectives grâce à la
maîtrise de nouvelles technologies. Celles-ci permettent non seulement
d’envisager de prévenir de nouvelles maladies, mais aussi d’améliorer
l’efficacité des vaccins existants (prolongation de la durée de protection,
meilleure stabilité des vaccins, diminution des contraintes de stockage comme la
conservation au froid).
Les
produits immunologiques, présents et à venir, augmentent notre capacité à
maintenir les animaux en bonne santé, et évitent l’apparition de maladies avec
tous leurs effets négatifs. La recherche moderne contribue ainsi au
développement économique de l’élevage, au maintien du bien-être des troupeaux et
de la santé des animaux de compagnie. Grâce aux améliorations techniques des
vaccins, et notamment à la réduction de la dépendance à la chaîne du froid, il
devrait être possible dans le futur d’inclure un plus grand nombre d’animaux
dans les programmes de vaccination des pays en voie de développement. Les
vaccins permettront ainsi d’élever le niveau mondial de la santé animale et
d’augmenter la prospérité de l’agriculture, tout en améliorant la santé humaine,
et en diminuant les coûts de production des aliments sains.
NOTES
1 Liquides extraits du sang qui contiennent des anticorps protégeant contre des antigènes spécifiques
2 Maladies que les animaux peuvent transmettre à l’homme
3 Partie d’un micro-organisme pathogène reconnue par le système immunitaire de l’organisme qui déclenche dès lors une réaction immunitaire dirigée contre ce micro-organisme
4 L’Europe de l’Ouest comprend les quinze anciens Etats membres de l’Union Européenne, la Norvège, la Suisse, l’Islande et le Groenland
5 Wood Mackenzie, 2005
6 Chiffres provenant des quatorze sociétés membres d’IFAH-Europe/CEESA, représentant 85 % du marché européen de la santé animale dans seize pays (F, D, GB, I, E, PT, NL, B, A, CH, DK, Irl, PL, HU, CZ, SK)
Juillet 2007